20 janvier 2018

Touring with the Alien, de Carolyn Ives Gilman


Voici encore un avis sur un court récit en anglais ; je vous promets de ne pas vous parler que de ça toute l'année, mais j'en ai lu plusieurs récemment, et ça fait du bien entre deux pavés de fantasy !


Résumé :

Les extra-terrestres ont débarqué sur Terre, sans prévenir, sans combat. Depuis des mois, ils restent enfermés dans leurs capsules et ne communiquent que très peu, via des humains enlevés il y a une vingtaine d'année et élevés pour jouer le rôle de traducteurs. Jusqu'au jour où Avery, conductrice pour une sorte d'agence de voyages très spéciaux, reçoit une nouvelle mission : transporter un extraterrestre et son traducteur dans un bus aménagé pour faire, en secret, un petit voyage à la découverte de l'espèce humaine.


Mon avis :

Encore un récit court, une "novelette" cette fois-ci (je me perds un peu dans les catégories de longueur que nos amis américains adorent), qui avait été sélectionnée pour les prix Hugo de 2017 et que j'ai donc reçue en tant que votante. Elle n'a pas gagné dans sa catégorie, car le prix a été remporté par "The Tomato Thief" d'Ursula Vernon, ce qui est entièrement mérité à mon avis.

Ce n'est pas que "Une tournée avec l'extra-terrestre" (j'espère qu'ils vont trouver une meilleure traduction de ce titre que la mienne...) n'est pas intéressant. Au contraire, j'ai bien aimé la prémisse : un extra-terrestre a envie de découvrir l'humanité et part faire un petit tour en bus, façon touriste ; il pourrait se passer n'importe quoi, les possibilités sont immenses. Avery est sympa, mi-guide touristique et mi-agent secret ; l'extra-terrestre est vraiment un être différent, pas un humanoïde ; et son traducteur est un personnage surprenant, transplanté depuis tellement longtemps qu'il lui manque de quoi le rendre vraiment humain. Et leur voyage n'est pas ennuyeux, il se termine même sur une surprise que je n'avais vraiment pas vue venir.

Cependant, il manque quelque chose ; une intensité, une profondeur, un réalisme dans les motivations et la psychologie des personnages. La narration reste très plate et laisse le lecteur à l'écart. Quand Avery dit du traducteur "je l'aime bien", je suis surprise car je n'avais pas du tout pressenti son attachement. Et quand elle fait un choix vraiment extrême sur la fin, je ne saisis pas du tout ses motivations. Le voyage en lui-même est court et s'il arrive quelques petits trucs, au final c'est loin d'être une aventure échevelée. Je suis clairement restée sur un goût de trop peu, autant au niveau de l'intrigue que de l'intensité sentimentale.

Au final, voici une petite nouvelle que j'ai lue sans difficulté et sans ennui, mais je suis assez déçue : l'idée avait beaucoup de potentiel qui n'est pas réalisé, et la narration de la psychologie des personnages n'est pas bien gérée. Ce n'est pas une histoire qui me laissera un souvenir impérissable. 


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