7 octobre 2016

Le Mort aux Quatre Tombeaux (Dry Bones), de Peter May


Je rattrape petit à petit mes chroniques en retard, et voici un roman que j'ai lu (ou plutôt écouté en audiolivre VO) cet été, le polar d'un auteur qui m'a déjà beaucoup séduite par le passé...


Résumé :

Le biologiste écossais Enzo McLeod habite en France depuis de longues années quand, lors d'un dîner, d'anciens amis lui rappellent son passé de médecin légiste et lui lancent un défi : résoudre un "cold case" grâce aux avancées scientifiques.  Sous la pression d'un montant élevé mis en gage, Enzo relance l'enquête sur la disparition de Jacques Gaillard dix ans plus tôt, un homme politique et cinéphile très connu qui s'est volatilisé sans le moindre indice. D'un bout à l'autre de la France, Enzo va découvrir un jeu de piste macabre qui ira jusqu'à mettre en péril sa propre vie.


Mon avis :

Voici le premier volume d'une série au tour du personnage Enzo McLeod que j'ai découverte récemment.  Après avoir adoré "L'île des chasseurs d'oiseaux" et sa suite, "L'homme de Lewis" du même auteur (ce qui me rappelle que je dois encore lire le troisième volume de cette série), j'avais envie de découvrir d'autres romans de Peter May. "Le Mort aux Quatre Tombeaux" (Dry Bones ou Extraordinary People en version originale) m'est tombé dans l'oreille je ne sais plus trop comment, probablement lors d'une promotion sur Audible, et j'avais bien aimé la voix du narrateur, un peu blasée et joliment accentuée. C'est à nouveau un polar mais dans un tout autre environnement que la trilogie écossaise que je connaissais déjà. 

Enzo McLeod est un ancien médecin légiste, un peu solitaire, tout à fait fauché, qui prend le pari de résoudre une ancienne affaire apparemment insoluble. Comme Fin, le héros de la trilogie écossaise, il a un passé familial assez douloureux et deux filles dont l'une le déteste et l'autre l'adore, mais c'est au bout du compte un homme normal, un personnage crédible et moderne comme je les aime. Ce qui est un peu moins crédible, c'est l'intrigue qui prend la forme d'un jeu de piste macabre et bien trop complexe pour qu'il ait lieu en réalité.  A partir du moment où Enzo découvre la première pièce d'un puzzle qui a pourtant mis en échec toute la police de France, c'est comme un domino qui s'écroule devant lui, chaque nouvelle étape lui apportant les éléments nécessaires pour trouver la suivante.  Dans le roman, cette relative facilité s'explique par le fait que le jeu de piste a été mis en place à une époque où Internet n'existait pas et où tous les petites devinettes auraient été bien plus compliquées à résoudre, ce qu'on peut si on le souhaite considérer comme une excuse valable. En ce qui me concerne, j'ai eu l'impression d'assister à une série d'aventures téléguidées plutôt qu'à une véritable intrigue policière.

Comme dans la trilogie écossaise, l'auteur prend le temps de décrire avec beaucoup de talent l'environnement dans lequel évolue son narrateur, en l'occurrence Paris et d'autres villes de France. C'est joliment raconté, jamais lourd, mais pour un lecteur familier avec cet environnement, beaucoup moins exotique et intéressant que l'île de Lewis où avait lieu la trilogie écossaise. 

Je garde donc de ce roman le souvenir d'une histoire bien racontée, d'une aventure au rythme bien mené, de personnages crédibles et d'un narrateur attachant, sans pour autant retrouver l'enchantement et le caractère immersif de "L'île des chasseurs d'oiseaux" et sa suite.  C'est peut-être dû en partie au fait que je suis familière avec la France où cette aventure prend place, même si l'intrigue un peu tirée par les cheveux y est sans doute aussi pour quelque chose. Mais ça ne m'empêchera pas de lire la suite des aventures de Enzo McLeod car c'est un personnage qui a du potentiel. 


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