28 février 2015

Le combat ordinaire, de Manu Larcenet


Juste à temps avant la fin du mois, je chronique une deuxième bande dessinée dans le cadre du challenge "Un genre par mois"... Et c'est une BD qui a attendu sa chronique bien trop longtemps !


Résumé :

Marco a la trentaine et une angoisse latente qui ne le quitte pas. Sa vie est celle de beaucoup de gens de son âge, avec les doutes quant à son avenir professionnel, des parents qu'il adore mais a du mal à supporter, un frère avec qui il peut retomber en enfance, un chat horribladorable, et une peur générale de s'engager. Ce qu'il vit, c'est le combat ordinaire de ceux qui ont du mal à devenir tout à fait adultes.


Mon avis :

Je l'ai déjà dit, j'ai pourtant beaucoup d'admiration pour la BD, cet art qui mêle la littérature et le graphisme : quand c'est bien fait c'est doublement impressionnant. Heureusement pour moi qui n'y connais rien, j'ai de précieux amis qui me gâtent et font mon éducation en même temps. Cet album est l'un de leurs cadeaux.

Ceci dit, mon point de vue étant limité par mon manque d'expérience, c'est encore une fois du bout des doigts (c'est comme le bout des lèvres avec un clavier) que j'ose à peine donner mon avis. J'ai relu cet album plusieurs fois au cours de l'année écoulée et je n'arrive toujours pas à mettre le doigt sur ce qui, dans cette histoire, résonne en moi d'une façon particulière. Marco, le héros, ne me ressemble pas ; il a plein de petits problèmes psychologiques et un mal-être permanent avec lequel il a du mal à vivre, un comportement adolescent avec son frère et une famille qui l'étouffe, même de loin. Il ne sait pas où il va et en souffre beaucoup. Il est peut-être un peu seul, aussi... Autant de choses qui ne me caractérisent pas.

Et pourtant, je le comprends d'une façon incroyable. Je sais ce qu'il ressent. Cette envie de partir sans pouvoir expliquer rationnellement pourquoi, ce besoin de ne pas devenir tout à fait adulte, ce refus de voir à trop long terme, je les ressens aussi, d'une certaine façon, même si contrairement à lui je n'en souffre pas. J'aime beaucoup son humour et les passages avec son frère m'ont fait sourire comme si je les connaissais tous les deux. Peut-être que son truc c'est de représenter avec beaucoup de justesse une certaine génération qui est la mienne...

Les dessins sont simples, les couleurs vives (sauf quand il nous promène dans ses souvenirs en sépia ou dans ses angoisses en rouge), la lecture est facile et moderne. J'ai juste été assez surprise par les yeux vides de Marco, ces yeux dessinés sans pupille sont très troublants. Peut-être était-ce voulu ? 

Il y a beaucoup d'émotion dans cet album alors qu'il ne s'y passe rien d'extrêmement tragique. C'est juste l'histoire d'un mec paumé. C'est peut-être justement cette banalité à laquelle on s'identifie si facilement, ce "combat ordinaire" qu'au final on mène tous un petit peu ?  En tous cas c'est une bande-dessinée qui m'a beaucoup marquée et que je continuerai à relire encore très régulièrement... Elle est suivie d'autres tomes, et j'en suis presque surprise tant cette histoire se suffit à elle-même, mais j'espère avoir la chance d'apprendre ce que devient Marco une fois la dernière page tournée.


Pour en savoir plus :
- la fiche Bibliomania du livre
- les avis de Nelfe et Mister K. qui semblent partager mes impressions
- acheter ce livre sur Amazon

3 réactions:

Mélia

Je ne connaissais pas et je la note ! Cet auteur m'a l'air un peu à part et semble toucher quelque chose en chacun, c'est intéressant :)
Blast (une autre de ses BD) à l'inverse est en noir et blanc.

Lelf

C'est le genre que je préfère en BD, les histoires de gens lambdas, pas particulières mais qui dégagent quelque chose. Je compte les relire cette année, avec Le Retour à la terre, pour une approche plus humoristique ^^

Acr0

Je pense que c'est la force incroyable de cette série, c'est qu'elle touche tout le monde (d'une faàpn ou d'une autre). Et les émotions viennent d'un coup.

Votre commentaire

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...