1 décembre 2013

Capitaines courageux, de Rudyard Kipling


Tout le monde connaît Rudyard Kipling pour son Livre de la jungle, mais moins souvent pour ses rares romans. "Capitaines courageux" vaut pourtant le détour. 


Résumé :

Harvey Cheyne est un adolescent trop gâté, le fils d'un multi-millionnaire sans respect pour rien ni personne. En route pour l'université en Europe, il passe par-dessus bord et tombe du paquebot. Par miracle, il est récupéré par un bateau de pécheurs en route pour les grands bancs. Le capitaine, Disko Troop, embauche Harvey comme mousse aux côtés de son propre fils Dan et l'embarque pour trois mois de pêche qui vont complètement transformer le jeune homme.


Mon avis :

J'ai découvert ce livre quand j'étais adolescente, par hasard, et il m'avait beaucoup plu à l'époque ; prise d'une soudaine crise de nostalgie, je l'ai redécouvert récemment et avec presque vingt ans d'écart, je l'ai à nouveau beaucoup apprécié. 

Ce roman, c'est comme les histoires de Mowgli une histoire d'apprentissage : Harvey Cheyne le sale gosse devient, comme on s'y attend un peu, Harvey Cheyne le fier marin et le bon fils. Ce côté-là en fait un roman pour adolescents, une sorte de fable, ce qui peut paraître un peu limité et "facile". Mais le lecteur adulte y trouvera bien d'autres choses. 

D'abord, il y a la relation entre le père et le fils, développée dans les derniers chapitres. Elle est racontée avec beaucoup de subtilité, avec la beauté d'un père et d'un fils qui ne se connaissaient pas et se découvrent depuis que le fils est brutalement devenu adulte. Ensuite, il y a la très belle narration de Kipling, en particulier dans le chapitre racontant le trajet en train - un peu difficile à saisir entièrement pour les lecteurs d'aujourd'hui qui ne sont pas au fait des aspects techniques de la chose, mais tellement bien raconté qu'on sent l'excitation monter malgré tout. 

Et puis surtout, toute cette histoire n'est au final qu'une excuse pour permettre au lecteur (comme à Harvey) de découvrir le monde des pêcheurs des grands bancs. Il ne s'agit pas seulement de vivre leur vie, il s'agit aussi de partager leurs joies et leurs peines ; rien n'est esquivé, et notamment la cruauté de la mer qui prend les vies par centaines chaque année. En finalement peu de pages, on découvre une communauté, une passion, une culture, un humour, une solitude, une tristesse et un métier. C'est me semble-t-il ce que l'auteur souhaitait véritablement partager, et on le ressent en particulier dans les dernières pages, quand il raconte cette "fête" de marins qui n'était absolument pas nécessaire pour l'intrigue. 

J'ai lu ce roman en version originale et je dois dire que l'anglais est difficile, à cause des nombreux termes de marine et de la transcription de l'accent des marins. Il m'a fallu assez souvent me concentrer pour "traduire" les phrases écrite en phonétique. Mais ce n'était pas insurmontable et je n'ai pas eu l'impression de rater de passages importants.

Bref, voilà une histoire peut-être écrite pour les adolescents, mais qui représente aussi une magnifique plongée dans la vie de marins du XXème siècle. 


Pour en savoir plus :
- la fiche Bibliomania du livre

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